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mardi 28 mai 2013


Après la métallurgie et l'assurance, Pierre Gattaz obtient le soutien de la banque. Le président de Radiall s'affirme de plus en plus comme le grand favori à la succession de Laurence Parisot. Le vote, le lundi 3 juin, du conseil exécutif pourrait pousser ses challengers à s'allier pour tenter de lui barrer la route.
Pierre Gattaz, candidat à la succession de Laurence Parisot à la tête du Medef, lors d'un débat à Paris le 14 mai.

Grand chelem! Après l'UIMM (métallurgie) et la FFSA (sociétés d'assurance), Pierre Gattaz vient d'engranger un nouveau soutien de poids dans la course à la présidence du Medef: celui de la FBF, la puissante fédération des banques. À un peu plus d'un mois de l'élection, le président de Radiall a donc pris une plus grande option pour succéder le 3 juillet à Laurence Parisot.

«Ce n'est pas une surprise après le soutien il y a une semaine de la FFSA, minimise l'un de ses adversaires. Le vote des banques va toujours de pair avec celui des assureurs». Il n'empêche. Avec ce nouveau soutien, le fils de l'ancien patron des patrons, Yvon Gattaz, enfonce un peu plus la tête de ses concurrents sous l'eau et s'affirme un peu plus comme le grand favori de l'élection. Jamais un candidat au poste de président du Medef n'avait en effet réussi à obtenir, sur son nom, le soutien des trois premières fédérations de l'organisation, historiquement opposées dans une guerre Industrie/Services qui a beaucoup desservi la cause patronale.

Certains à l'UIMM commencent d'ailleurs à s'interroger sur les raisons de ce nouveau ralliement d'une fédération des services derrière la candidature de Pierre Gattaz. Les rumeurs les plus folles, mais pas forcément dénuées de sens, ont déjà couru sur les contreparties accordées par le président de la FIEEC aux assureurs (un poste supplémentaire au conseil exécutif, la conduite de la négociation des retraites…), ainsi qu'à certains présidents de Medef territoriaux pour le soutenir (on parle de postes de vice-présidence que Pierre Gattaz veut multiplier).

«Ce sera très serré»

Pour se rassurer, les autres candidats - Geoffroy Roux de Bézieux et Patrick Bernasconi en tête - espèrent que le vote du conseil exécutif du Medef, qui interviendra le lundi 3 juin, leur permettra d'inverser la tendance et surtout de casser la dynamique dont bénéficie Pierre Gattaz depuis plus d'un mois. «Ce sera très serré», pronostique déjà l'un d'entre eux, persuadé de dépasser le candidat de l'UIMM. «Patrick (Bernasconi) fera plus qu'on ne le pense et il y a une probabilité que Pierre (Gattaz) ne ressorte pas en tête», abonde un cadre de la métallurgie. Une alliance Roux de Bézieux/Bernasconi, au profit de celui qui ressortira devant l'autre, n'est pas non plus à exclure. Les deux candidats, très proches sur le fond et qui s'apprécient, se parlent d'ailleurs régulièrement. Le vote au conseil exécutif, lundi prochain, leur permettra de se compter…

Pour l'heure, les deux challengers de Pierre Gattaz continuent encore et toujours de labourer le terrain pour convaincre les Medef territoriaux de voter pour eux, lors de l'AG du 3 juillet, pour tenter de rattraper leur retard. «On l'oublie mais les Medef territoriaux disposent d‘un tiers des voix lors du scrutin», rappelle d'ailleurs un des postulants au poste suprême. À titre d'exemple, Geoffroy Roux de Bézieux, qui truste également les plateaux de télévision et radio mais manque de soutien de poids en dehors de celui de sa fédération (les télécoms), a déjà visité 17 régions sur 22. Quant à Patrick Bernasconi, soutenu par sa fédération (les travaux publics) et probablement par celle amie du Bâtiment, il «prépare un coup», dit-on, pour la fin de semaine.

D'après plusieurs sources concordantes, Pierre Gattaz aurait du mal à faire le plein des voix des patrons de province. «La voix qui remonte des territoires est très critique et sceptique sur le potentiel de Pierre Gattaz», confirme un cadre de la maison Medef. Ainsi, lors d'un vote informel qui s'est déroulé il y a quelques jours à Bordeaux après un débat entre tous les candidats, Roux de Bézieux a obtenu 22 voix, distançant Bernasconi (7 voix), Gattaz (5) et Lanxade (1)… La course à la succession de Laurence Parisot, qui ne s'est toujours pas exprimée, est bel et bien lancée…
Source : le figaro

mercredi 22 mai 2013

Medef : le soutien des assurances à Gattaz affaiblit Roux de Bézieux

« Le crédit d\'impôt compétitivité emploi va dans le bon sens. [Mais] cela ne fait que compenser les 30 milliards de prélèvements obligatoires supplémentaires par ailleurs. » - Sipa


Pierre Gattaz prend de l'avance sur ses adversaires dans la course à la présidence.
C'est un coup dur pour Geoffroy Roux de Bézieux. D'autant que le patron d'Omea Telecom-Virgin Mobile ne l'avait pas vu venir, en tout cas pas si tôt. Pas à la veille de la réunion du conseil exécutif du Medef, qui auditionnera demain les cinq candidats, avant un vote prévu le 3 juin. Le soutien affiché lundi par la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) à Pierre Gattaz, le patron de Radiall, marque un tournant dans la course à la présidence du mouvement patronal. De fait, avec le soutien des assurances, qui pourrait entraîner logiquement celui des banques, Pierre Gattaz, déjà adoubé par la puissante UIMM (métallurgie), dispose désormais de l'appui de quelques-unes des plus puissantes fédérations professionnelles du Medef.

L'équipe de Geoffroy Roux de Bézieux a été prise de court. Alors que les services financiers avaient fait partie des plus fervents soutiens de Laurence Parisot, le fait qu'ils encouragent désormais le candidat de la métallurgie marque une nouveauté en soi. Mais ce tournant était attendu. Denis Kessler, ancien président de la FFSA et patron de Scor, s'est déclaré très tôt pour Pierre Gattaz. Il avait été rejoint récemment par Henri de Castries, PDG d'AXA, puis par l'influent Claude Bébéar, président d'honneur d'AXA et dirigeant de l'Institut Montaigne. C'est sur le timing que la surprise a eu lieu.

La FFSA, présidée par Bernard Spitz, avait auditionné les candidats fin avril et devait se prononcer in fine à l'issue d'un nouveau round opposant les deux finalistes, Geoffroy Roux de Bézieux et Pierre Gattaz, le 4 juin. « Denis Kessler a fait pression sur Bernard Spitz. On peut supposer que Denis Kessler a obtenu quelques garanties en retour auprès de Pierre Gattaz, comme un siège à la commission sociale ou au conseil exécutif », persiflent des pro-Roux de Bézieux.

Faut-il y voir une réponse à la lettre choc de Pierre Bellon, fondateur de Sodexo, qui avait étrillé l'industriel ? Si la situation se complique pour lui, Geoffroy Roux de Bézieux se persuade que rien n'est joué. « Il était depuis quelques jours en train de gagner des voix grâce à sa campagne », indique un membre du conseil exécutif du Medef. L'ancien président de l'Unedic aura ainsi visité 15 Medef régionaux (sur 22) d'ici à la fin de la semaine. Hier soir, Guillaume Poitrinal, ex-Unibail-Rodamco, et président de son comité de soutien, organisait un grand raout à l'Automobile Club, où on attendait une centaine de personnes. Le pendant des grands débats organisés par Pierre Gattaz.

Source : les echos

mardi 21 mai 2013

« Moi, président du Medef… » : les candidats confrontent leurs programmes



Le conseil exécutif du Medef doit auditionner jeudi les cinq prétendants à la succession de Laurence Parisot. Avis sur François Hollande, mesures prioritaires, Medef de demain : les trois favoris répondent aux « Echos ».
« Moi, président du Medef… » : les candidats confrontent leurs programmes

La pression monte pour les postulants au titre de patron des patrons. Jeudi, les cinq candidats passeront leur grand oral devant les 45 membres du conseil exécutif, le gouvernement du Medef. Il s’agit de ne pas rater l’exercice pour les trois qui tiennent la corde – Pierre Gattaz, le patron de Radiall, Geoffroy Roux de Bézieux, le fondateur d’Omea Telecom-Virgin Mobile, et Patrick Bernasconi, à la tête de la Fédération des travaux publics. Car le vote, qui interviendra une semaine plus tard, lors d’un nouveau conseil exécutif extraordinaire, pèsera lourdement sur le scrutin final de l’assemblée générale du 3 juillet.
A un mois et demi de l’élection, la campagne est à son apogée. Les candidats labourent les territoires, pourvoyeurs d’au moins un tiers des voix. Les rencontres se multiplient aussi avec les grands patrons qui influenceront le vote des fédérations. Aujourd’hui, les programmes sont bien connus. Pas de surprise sur la tonalité libérale de ces trois entrepreneurs, qui ont tous remis la fin des 35 heures au cœur de leur discours. En revanche, des divergences apparaissent : Patrick Bernasconi reste sur sa ligne modérée, vantant le mérite du dialogue social, tandis que Geoffroy Roux de Bézieux et Pierre Gattaz rivalisent de mesures plus radicales et vantent un patronat décomplexé. Pierre Gattaz fait figure de grand favori : après avoir obtenu le soutien de la puissante fédération de la métallurgie (UIMM), il a reçu hier celui de la Fédération des sociétés d’assurances (FFSA), un autre poids important.

Source : Les echos

Medef : la FFSA soutient la candidature de Pierre Gattaz




 
Pierre Gattaz, président du groupe des fédérations industrielles (GFI) fait figure de favori pour succéder à Laurence Parisot, qui arrive en fin de mandat.
La Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA), qui pèse un poids important au Medef, a annoncé lundi qu'elle soutenait la candidature de Pierre Gattaz à la présidence de l'organisation patronale. "Le Bureau de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), après avoir auditionné les différents candidats à la présidence du Medef, a décidé d'apporter son soutien à la candidature de Monsieur Pierre Gattaz", selon un communiqué.

Pierre Gattaz, 53 ans, président du groupe des fédérations industrielles (GFI), fait figure de favori pour succéder à Laurence Parisot, qui arrive en fin de mandat. Pierre Gattaz a déjà le soutien de la puissante fédération de la métallurgie (UIMM). Jeudi, le conseil exécutif du Medef auditionnera les cinq candidats, avant l'élection qui doit se tenir le 3 juillet.

Source : Le point

Pierre Gattaz veut "un Medef de combat contre la crise"

Pierre Gattaz a remporté la primaire interne de l'UIMM pour la présidence du Medef. A Paris, le 3 mai.


Avant même l'ouverture, mardi 7 mai, de la campagne pour la présidence du Medef, Pierre Gattaz, 53 ans, fait la course en tête. Et ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour François Hollande et pour le gouvernement. Eux, qui vantent les mérites du dialogue social, auront peut-être à composer avec cet entrepreneur de terrain désireux de recentrer le patronat sur l'économie et d'incarner un Medef de combat. "Un Medef de combat contre la crise mais apolitique", affirme l'industriel, dont le père, Yvon, affronta comme patron des patrons le retour de la gauche au pouvoir en 1981 et dont l'épouse est conseillère UMP du Vésinet (Yvelines).
Des six candidats déclarés à la succession de Laurence Parisot, qui incarne depuis 2005 une certaine modernité dans un Medef jusque-là très masculin et peu ouvert aux questions de société, deux ont jeté l'éponge. Frédéric Saint-Geours, président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), a été sèchement battu par M. Gattaz le 18 avril lors d'une primaire interne.
 
Jean-Claude Volot, ex-médiateur de la sous-traitance, a rallié le vainqueur. Outre M. Gattaz, quatre hommes restent en lice et le nom de Marie-Christine Coisne-Roquette, PDG de Sonepar, a aussi circulé. Le comité statutaire du Medef dira lundi 6 mai qui a reçu son feu vert.

Source : le Monde

lundi 22 avril 2013

Pierre Gattaz sort vainqueur des primaires de l’UIMM pour la course au Medef













Les métallurgistes ont été clairs : Pierre Gattaz sera le candidat de l'UIMM en juillet prochain lors de l'élection pour remplacer Laurence Parisot à la tête du Medef.

Frédéric Saint-Geours se retire de la course.
Il était favori le voilà intronisé. L’Union des industries et des métiers de la métallurgie a plébiscité le PDG de Radiall lors des primaires organisées, ce jeudi 18 avril par le syndicat des métallurgistes. Pierre Gattaz a en effet remporté ces primaires dès le premier tour en remportant 149 voix sur les 223 exprimées par le conseil de l’UIMM, soit 67% des voix.
Son principal concurrent, Frédéric Saint Geours, n’en a obtenu que 69 (30%), sur les autres prétendants au poste de patron des patrons seul Geoffroy Roux de Bézieux a réussi à tirer son épingle du jeu avec 5 voix.
Comme il avait annoncé, Frédéric Saint Geours a immédiatement retiré sa candidature après cette défaite à la primaire de son syndicat. Il n’en demeure pas moins le président de l’UIMM.
Avec ce résultat et après le ralliement à sa cause de Jean-Claude Volot dans la matinée, Pierre Gattaz s’impose encore davantage comme le favori de l’industrie dans la course qui s’achèvera le 3 juillet lors de l’Assemblée générale de l’élection à la présidence du Medef.
En sortant des locaux de l’UIMM, avenue de Wagram, jeudi soir, Pierre Gattaz était sur un petit nuage. Il a déclaré : "je suis ému car ici c’est ma famille. C’était important pour moi, mais ce n’est qu’une première étape. Je veux incarner le rassemblement pour les entreprises". Il s’est dit partisan d’un "Medef utile, de terrain et pour un capitalisme à visage humain." Sur sa capacité, à rassembler au-delà de l’industrie, il est confiant. "Toutes les entreprises sont confrontés aux mêmes questions." Aucun grand soutien ne s’est encore déclaré au-delà de la métallurgie en sa faveur. Sur les fédérations de la banque et de l’assurance plus éloignées des secteurs de l’économie qu’il incarne, il a rappelé l’engagement en sa faveur de Denis Kessler. Il a précisé qu’il ferait partie d’un conseil d’orientation stratégique, qui sera une "sorte de conseil des sages ouvert à d’autres personnalités présentant d’autres sensibilités."
Pour fêter sa victoire ce soir, pas de grande fête de prévue mais un dîner à la chambre de commerce franco-allemande : "C’était un engagement que j’avais pris de longue date, donc je vais retrouver nos amis allemands."

Source : L'usine Nouvelle
 

mercredi 20 mars 2013

Ce qui chiffonne (beaucoup) le Medef dans le projet de loi sur l'emploi


Copyright Reuters

Laurence Parisot a demandé au gouvernement de modifier le projet de loi sur l'emploi qui arrivera devant l'Assemblée nationale le 2 avril. Pour la présidente du Medef, ce texte ne respecte pas sur de nombreux points l'accord du 11 janvier dernier conclu entre les partenaires sociaux. Notamment sur l'extension de la complémentaire santé à tous les salariés, les procédures de licenciement ou sur l'obligation de mobilité éventuellement imposable aux salariés.

Laurence Parisot n'est pas contente. Non seulement elle n'aime pas que soit raillée son initiative de faire modifier les statuts du Medef pour tenter de briguer un troisième mandat à la tête de l'organisation patronale. Mais, de surcroît, elle demande aussi au gouvernement de modifier le projet de loi de sécurisation de l'emploi, estimant que certains points n'étaient pas conformes à l'esprit de l'accord finalisé par les partenaires sociaux (patronat et CFDT, CFTC et CFE-CGC) le 11 janvier dernier. La présidente demande que des modifications soient apportées avant l'examen du texte par l'Assemblée nationale en avril, sinon, se voulant menaçante, elle prévient que « cela serait susceptible de nous faire regarder l'accord d'une autre façon »...
 De fait, le texte de l'accord du 11 janvier a été transcrit dans un projet de loi en un temps record par les services du ministère du Travail, puis il a été ausculté par le Conseil d'Etat avant d'être examiné le 6 mars en Conseil des ministres. Lors de ces différentes étapes, des modifications et précisions ont été apportées à son contenu. Ce qui ne plaît pas toujours, donc, au Medef. Et ce n'est sans doute pas fini puisque les députés pourront faire jouer leur droit à amendements. Revue de détail des principaux points qui fâchent l'organisation patronale.

Généralisation de la complémentaire santé.

Concernant la complémentaire santé qui devra être proposée à tous les salariés d'ici 2016, le projet de loi n'interdit pas « les clauses de désignation », c'est-à-dire que telle ou telle branche peut imposer aux entreprises de son secteur l'opérateur qui devra proposer cette complémentaire santé, c'est d'ailleurs ce que souhaitait l'UPA (artisans employeurs). Le Medef, lui, plaide pour « une liberté de choix pour les entreprises »... ce que la puissante Fédération française de l'assurance (FFSA) réclame également. Mais, à ce stade, le projet de loi laisse une totale liberté d'organisation aux branches professionnelles : concurrence, désignation, recommandation... Bref, à chaque profession de s'organiser.

Procédure d'homologation des plans sociaux

En cas de plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), l'accord du 11 janvier mentionne deux possibilités. La première prévoit la signature d'un accord majoritaire (c'est-à-dire conclu avec des syndicats représentant plus de 50% des salariés) organisant toute la procédure de licenciement. Cet accord sera ensuite validé par l'administration. La seconde consiste pour l'employeur seul à élaborer le plan social qui sera soumis à consultation du comité d'entreprise pour avis. Cette consultation devra durer a minima 21 jours, étant entendu que ce délai ne débutera que lorsque le CE sera consulté sur le projet économique de l'entreprise ET sur le PSE lui-même.

Ce que conteste le Medef, qui aurait souhaité que ce délai de 21 jours démarre dès les premières consultations du CE. En tout état de cause, une fois cette phase de consultation achevée, l'administration enclenchera la procédure d'homologation, plus fouillée que dans l'hypothèse où il y aurait eu un accord majoritaire. Notamment, l'administration (en l'occurrence la Directe) devra vérifier que le contenu du plan social est proportionnel aux moyens de l'entreprise. Mais, rappelons qu'une fois cette homologation obtenue, elle aura le mérite pour les entreprises de fortement limiter les contestations a postériori du plan social. Ce qui limitera les incertitudes juridiques.

Accords de mobilité et de maintien dans l'emploi

C'est un des point très chauds de l'accord qui a notamment provoqué la non signature de FO et de la CGT. Le texte prévoit (après la conclusion d'un accord d'entreprise pas forcément majoritaire) que des salariés pourront être contraints à une mobilité (géographique) interne... même en dehors de tout projet de licenciements. Mais quid des salariés qui refuseraient une telle mobilité ? Le projet d'accord du 11 janvier évoquait un licenciement pour motif personnel.

Après le passage en Conseil d'Etat, c'est devenu un licenciement économique, à l'instar des salariés qui refuseraient un accord majoritaire sur le maintien dans l'emploi (qui permet, en contrepartie du maintien de l'emploi, de baisser les salaires et de modifier le temps de travail en cas de difficultés conjoncturelles de l'entreprise et pour une durée maximale de deux ans). Dans les deux cas, donc, (refus de mobilité et refus d'un accord de maintien de l'emploi), le salarié devra être licencié économique et bénéficier des mesures d'accompagnement prévues dans l'accord. Le Medef est très inquiet sur ce point, car, s'il y a plus de 9 refus, faudra-t- il alors prévoir un plan social pour ces salariés licenciés pour un motif économique ? Avec consultation du CE ? Tout ce que l'organisation patronale voulait éviter. Ce n'est pas encore très clair. Mais il est certains que des amendements vont pousser dans le sens d'une obligation d'un plan social spécifique.

Source : La Tribune

mardi 19 mars 2013

Medef : Parisot, le putsch en trois actes


Les statuts interdisent à la patronne des patrons de briguer un troisième mandat. Parviendra-t-elle à les modifier pour rempiler ? La réponse est peut-être pour aujourd'hui...

La présidente du Medef, Laurence Parisot, le 15 janvier 2013. (PRM/SIPA)











Que nous prépare le Medef lundi 18 mars ? Le comité des statuts était censé donner sa position au comité exécutif de l'organisation sur la modification des règles qui pourraient permettre à Laurence Parisot de se maintenir à sa tête. Mais il est possible que les dirigeants des fédérations prennent plus de temps que prévu pour décider s'ils donnent ou non leur feu vert à la patronne des patrons pour briguer un troisième mandat. S'ils disent oui, Laurence Parisot aura réussi un coup de maître. En quelques mois, elle aura retourné la situation à son avantage, se retrouvant quasiment dans la position de candidate naturelle à l'approche de l'élection de juin prochain. Récit d'un coup de force avant l'issue du dernier acte.

1er acte : vaincre la fatalité

Dès l'été 2012, Laurence Parisot fait courir la rumeur : elle pourrait vouloir briguer un troisième mandat. A cette époque, l'idée fait sourire la plupart des patrons, car la présidente en est à son second, et pour rester à son poste, il faudrait non seulement qu'elle modifie les statuts, mais aussi que ce changement s'applique tout de suite ! La rumeur n'inquiète donc pas plus que ça, d'autant que la campagne officielle ne doit commencer qu'en janvier 2013. "Laurence Parisot m'a demandé d'attendre, pour ne pas interférer avec les négociations en cours sur la sécurisation de l'emploi", confie en novembre Jean-Claude Volot, premier candidat déclaré à sa succession.
Cette situation profite à la présidente du Medef : elle occupe le devant de la scène, alternant des sorties musclées contre les projets fiscaux du gouvernement et des signes d'apaisement dans les négociations sur la réforme du droit du travail. Les patrons applaudissent. "On a soutenu Laurence, on n'a pas été déçu ", dit la fédération bancaire. "Parisot a été une excellente présidente", abonde le bâtiment. En parallèle, Laurence Parisot s'occupe d'alimenter la rumeur. "Nous avons décidé que la question de la succession serait traitée après la négociation sur l'emploi, je ne vais pas enfreindre cette règle", dit-elle sans exclure sa candidature.
La patronne des patrons se donne ainsi du temps pour que le principe d'un nouveau mandat pénètre les esprits les plus réfractaires. Pendant qu'elle prive ses opposants de toute possibilité de contestation, son entourage plaide déjà en sa faveur. En décembre, Jean-Louis Schilansky, patron de la fédération de l'industrie pétrolière et trésorier du Medef brise le silence : "Il faut qu'elle reste, quitte à changer les statuts."

2e acte : Modifier les statuts

La présidente du Medef choisit le moment le plus favorable pour passer à l'acte : le soir de la signature de l'accord qui permettra une adaptation des entreprises à la conjoncture et une simplification des procédures de licenciement. En pleine victoire, elle informe par mail les membres du comité exécutif du Medef qu'elle a demandé au comité statutaire de se mettre au travail. La campagne officielle est lancée...
Les langues se délient chez les fédérations déçues par l'accord sur l'emploi ou agacées par sa démarche. "Les dirigeants qui s'accrochent, c'est une mauvaise chose", note le président du Medef Provence-Alpes-Côte d'Azur, Stéphan Brousse. Les nouveaux candidats, comme Pierre Gattaz ou Geoffroy Roux de Bézieux, sont ulcérés par son putsch façon Poutine. "Le Medef est une organisation démocratique. On ne change pas les règles avant une élection", peste Thibault Lanxade, également candidat.
Mais le débat est pipé, car Laurence Parisot se cache derrière la décision du comité des statuts pour ne pas se justifier : "Il y a des échéances dans nos institutions, je vais les respecter." Yvon Gattaz, Jean Gandois et Ernest-Antoine Seillière, trois anciens patrons du Medef, renoncent à envoyer la lettre qu'ils ont écrit à Laurence Parisot pour lui faire part de leur indignation. La présidente annonce pourtant sa candidature potentielle le 2 mars, avant la décision du comité des statuts...

3e acte : Transformer l'essai

Cette méthode du fait accompli permet à Laurence Parisot d'inverser les rôles en quelques mois. "Les attaques et les propos anonymes dont je suis l'objet deviennent inacceptables", dit-elle le 2 mars. "Le tam-tam selon lequel je serais une putschiste, ou classable dans la même catégorie que M. Poutine, procède d'une intention destructrice que je ne peux pas laisser se développer plus longtemps."
La présidente du Medef rend son départ suffisamment compliqué pour que les patrons s'interrogent vraiment sur son utilité. Elle défend son bilan : 20 milliards d'euros de crédit d'impôt et une réforme du marché du travail. Elle rappelle aussi les enjeux à venir : la réforme des retraites et celle de l'assurance-chômage, pour lesquelles il va falloir batailler ferme. "Je ne prendrai pas de risque en cette période : elle a un capital de reconnaissance, et a développé des relations avec le gouvernement qui marchent", fait valoir Jean-Louis Schilansky.
Surtout, Laurence Parisot met au défi les fédérations d'imposer une autre tête à sa place. Celui qui s'oppose à elle sait qu'il va devoir affronter une candidate qui se bat en-dehors des règles. Peu de candidats officiellement déclarés sont susceptibles d'avoir le soutien de l'appareil. Seul un poids lourd semble aujourd'hui pouvoir la détrôner, avec le soutien des principales fédérations. Frédéric Saint-Geours, le patron de l'UIMM (métallurige), la plus puissante d'entre elles, s'est déjà prononcé contre un nouveau mandat de Laurence Parisot. Faute d'alternative, il pourrait lui-même se présenter en recours, avec le handicap d'incarner une entreprise, PSA, pas vraiment au mieux de sa forme. Pourra-t-il attendre la décision officielle de l'UIMM, fin mars, pour se lancer dans la course ? Il vient en tout cas de prendre congé de son poste au directoire de PSA.


Source : Nouvelobs.com

lundi 4 mars 2013

Laurence Parisot officialise sa future candidature à la tête du Medef


La présidente du Medef Laurence Parisot a levé vendredi le secret de polichinelle en s'annonçant future candidate à sa propre succession, une initiative qui suscite de vives tensions au sein du mouvement patronal et reste conditionné à un changement de ses statuts.


La présidente du Medef Laurence Parisot, le 19 février 2013 à Paris


"J'ai l'audace d'espérer pouvoir soumettre ma candidature à un troisième mandat", a déclaré Mme Parisot au journal Le Monde daté de samedi. "Je souhaiterais que l'évolution des statuts me le permette", a-t-elle ajouté, en soulignant "que (sa) démarche n'échappera à aucun moment au suffrage de nos électeurs, qu'elle est démocratique et vise même à un approfondissement de notre démocratie interne".

Mme Parisot formalise ainsi une candidature qui ne faisait guère de doute mais suscite de vives tensions au sein de la plus frande organisation patronale de France.

Car l'actuelle présidente du Medef, qui a jusqu'ici affirmé hésiter à se porter candidate au cas où de nouveaux textes l'y autoriseraient, ne sait pas si elle aura le droit de concourir à sa propre succession en raison des statuts du Medef lui interdisent pour l'heure de se représenter.

Elue en 2005 pour un premier mandat de cinq ans, Mme Parisot avait été réélue en 2010 pour un second mandat de trois ans.

Pour contourner cet obstacle, Mme Parisot a soumis en janvier au comité statutaire du mouvement la question d'un changement des statuts.

Mais cette proposition, alors que son mandat s'achève le 1er juillet, lui a attiré de nombreuses critiques, autant sur sa volonté de se maintenir à la tête du patronat que sur le flou entretenu jusque-là autour d'une éventuelle candidature.

Le président du Groupe des fédérations industrielles (GFI) Pierre Gattaz, lui-même candidat à la succession de Mme Parisot, a ainsi appelé jeudi à sortir de cette "situation de vaudeville" et à décider rapidement si Laurence Parisot peut se présenter à sa succession.

Egalement candidat, le patron parisien de PME Thibault Lanxade a réagi vendredi en qualifiant l'annonce de la candidature de Mme Parisot d'"erreur au regard de la lettre comme de l'esprit" des statuts du mouvement patronal.

"Nos entreprises attendent autre chose du Medef que le spectacle des intrigues et des jeux de pouvoir", a-t-il ajouté dans un communiqué. Et de souligner que Mme Parisot a fait cette annonce "sans attendre" les recommandations du comité statutaire de l'organisation

Ce dernier n'a pas encore émis ses recommandations sur cette réforme des statuts du Medef, mais "le fera certainement dans les deux prochaines semaines", a déclaré Mme Parisot au Monde.

Pour pouvoir continuer à diriger le Medef, la patronne des patrons français doit par ailleurs en faire la demande officiellement au conseil exécutif, celui-ci doit proposer la ratification par une assemblée générale d'une modification des statuts.

La prochaine réunion mensuelle du conseil exécutif, composé de 45 membres, aura lieu le 18 mars.

Outre MM. Lanxade et Gattaz, l'ancien médiateur de la sous-traitance Jean-Claude Volot et le président fondateur du groupe Omea (Virgin Mobile) Geoffroy Roux de Bézieux se sont déjà déclarés candidats.

Quant au patron de la puissante Fédération patronale de la métallurgie (UIMM), Frédéric Saint-Geours, il dira s'il se lance après le 6 mars.

En attendant, il a lui aussi critiqué la volonté de Mme Parisot de se représenter.

La démarche de Mme Parisot a reçu vendredi le soutien de Guillaume Cairou, président du Club des entrepreneurs. "La campagne commence et une dynamique est aujourd'hui lancée. L'ensemble des 18.000 entrepreneurs que j'ai la chance de représenter sont en route pour la victoire derrière Laurence Parisot", a-t-il déclaré dans un communiqué.

L'élection doit être organisée au début de l'été après une campagne de deux mois.

Source AFP